Musées & Patrimoine du 66 · Sciences & patrimoine technique · savoir-faire maritime

La bette Alexandre, bateau traditionnel conservé à proximité de l’atelier de restauration des barques à Paulilles. · Source : Jean-Pierre Bazard / Wikimedia Commons : La bette « Alexandre » (1).JPG ; auteur et licence précisés par la source.
Dans l’anse de Paulilles, les charpentiers de marine redonnent vie aux embarcations traditionnelles catalanes. Dans un atelier installé sur le site d’une ancienne dynamiterie, le bois, les coques et les outils racontent une histoire humaine attachée à la pêche, au littoral et à la transmission des métiers de la mer.
L’Atelier des barques est un équipement du Département des Pyrénées-Orientales, au cœur d’un site naturel classé entre Port-Vendres et Banyuls. Visite libre en semaine toute l’année et visites guidées gratuites de mai à octobre permettent d’observer les travaux de restauration sans confondre l’atelier en activité avec un musée immobile.
Repères essentiels
Le lieu en quelques mots
- Commune
- Port-Vendres · anse de Paulilles
- Site
- Ancienne dynamiterie réhabilitée
- Gestion
- Département des Pyrénées-Orientales
- Spécialité
- Restauration des barques traditionnelles
- Bateaux
- Bêtes d’étang et embarcations catalanes
- Accès
- Visites libres et guidées gratuites
De la dynamite au patrimoine
Paulilles, un site industriel transformé
Au XIXe siècle, l’anse de Paulilles accueille une usine de dynamite associée à l’industrie des explosifs initiée par Alfred Nobel. Ce site industriel occupe une place importante dans la vie économique du littoral pendant de nombreuses décennies, mais ses activités laissent également des traces sur le paysage et l’environnement.
Après la fermeture de l’usine, le Département des Pyrénées-Orientales entreprend une transformation majeure. Les bâtiments sont réhabilités et le site devient un lieu de promenade, de préservation de la biodiversité et de présentation de l’histoire industrielle et maritime. La baie est ainsi protégée et ouverte au public.
L’Atelier des barques s’inscrit dans cette reconversion : il associe la mémoire des lieux au retour de gestes manuels très anciens. Les visiteurs découvrent un patrimoine en train de se construire et de se restaurer sous leurs yeux.
Un métier entre mer et bois
La charpente de marine, un art de précision
La construction et la réparation des barques traditionnelles demandent une connaissance approfondie du bois, des formes de coque, des assemblages et des contraintes maritimes. Le charpentier commence par observer l’embarcation : usure des bordés, structure, membrures, état des assemblages et éléments à conserver.
La restauration n’est pas une reconstruction arbitraire. Elle cherche à respecter le caractère du bateau et les techniques propres à son époque. Les essences de bois, le calfatage et les finitions sont choisis en fonction des usages de pêche et de navigation.
À Paulilles, les gestes techniques deviennent également des supports pédagogiques. On peut ainsi comprendre pourquoi une embarcation à fond plat ne possède pas les mêmes caractéristiques qu’une barque destinée à affronter les vagues au large des côtes rocheuses.

La bette Noa, construite en 1945 et conservée sur le site de l’anse de Paulilles. · Source : Jean-Pierre Bazard / Wikimedia Commons : La bette « Noa » (1).JPG ; auteur et licence précisés par la source.
Des embarcations avec un nom et une histoire
Alexandre, Noa, Brutus : des bateaux témoins
Parmi les bateaux conservés à Paulilles figurent plusieurs bettes, petites embarcations de travail souvent adaptées aux eaux peu profondes ou à la pêche. Chacune possède une histoire propre, parfois retrouvée grâce aux immatriculations et aux archives maritimes.
La bette Alexandre, construite entre les années 1930 et 1940, a servi à la pêche en étang. La bette Noa, construite en 1945 à Port-Vendres, a été restaurée et équipée d’un gréement latin. La bette Brutus, plus ancienne, a servi au transport et au travail sur l’eau avant d’être restaurée.
Ces embarcations sont plus que de beaux objets. Elles racontent la vie des pêcheurs, les besoins des métiers côtiers, les circulations de matériaux et l’ingéniosité technique des petits chantiers navals.
Les étapes de la restauration
Lire un chantier en activité
Lorsqu’un bateau entre à l’atelier, son état est documenté. Les artisans identifient les parties fragilisées et préparent une intervention adaptée : consolidation, remplacement de pièces, reprise des bordages, travail des joints, peinture et protection du bois.
Les outils traditionnels côtoient les équipements modernes nécessaires à la précision et à la sécurité du travail. Les plans, les gabarits et les méthodes transmises par les anciens charpentiers sont indispensables pour préserver les lignes de coque.
Les visiteurs doivent respecter les zones de sécurité. Certaines interventions sont visibles depuis les espaces de visite, mais il ne s’agit pas d’un chantier libre d’accès : l’équipe doit pouvoir travailler sans danger.

La bette Brutus, bateau de travail restauré et conservé à Paulilles. · Source : Jean-Pierre Bazard / Wikimedia Commons : La bette « Brutus ».JPG ; auteur et licence précisés par la source.
Un patrimoine vivant ouvert en semaine
Visite libre, visite guidée et médiation
Le Département annonce des visites libres du lundi au vendredi de 9 h à 17 h toute l’année, à l’exception des jours de fermeture. De mai à octobre, des visites guidées gratuites sont organisées à 11 h 30 et 16 h du lundi au vendredi, pour une durée d’environ 45 minutes.
Les horaires de l’atelier sont distincts de ceux du site paysager et de la Maison de site. Le visiteur peut donc parcourir la baie le week-end sans nécessairement voir les charpentiers travailler. Les informations doivent être vérifiées auprès de l’accueil, notamment en cas de jour férié ou de chantier particulier.
Le site propose également des outils de découverte du patrimoine industriel, des sentiers accessibles et un vaste parking gratuit.
Le conseil 66 & Vous
Une journée entre histoire, nature et Méditerranée
Commencez la découverte par la Maison de site, qui rappelle l’histoire industrielle de l’anse. Rejoignez ensuite l’Atelier des barques et observez les embarcations conservées, leurs formes et les matériaux utilisés. Une visite guidée aide à comprendre les différentes étapes de restauration.
Poursuivez par les allées, la végétation et les points de vue sur la mer. Le sentier littoral permet de prolonger la promenade selon le niveau de marche et la météo. Les plages sont des espaces naturels sensibles qui méritent le respect des règles de protection.
Pour compléter la journée, le patrimoine maritime de Port-Vendres, ses fortifications et ses ouvrages portuaires offrent un autre regard sur l’histoire de la côte catalane.
Mieux comprendre
Les grandes clés de la découverte
Paulilles, un site industriel transformé
Les origines et les personnes liées au lieu.
La charpente de marine, un art de précision
Les matériaux, les gestes et le patrimoine à observer.
Lire un chantier en activité
Le rôle de ce patrimoine dans la vie locale.
Une journée entre histoire, nature et Méditerranée
Les découvertes qui prolongent la visite.
Approfondir la découverte
Observer la restauration d’une barque catalane
Une barque traditionnelle n’est pas seulement un objet destiné à flotter. Ses formes répondent aux usages de la pêche, à la nature des côtes et aux besoins des équipages. La charpente, les bordés, les membrures et les détails des aménagements racontent une adaptation patiemment perfectionnée. Les bateaux conservés à Paulilles permettent d’observer les différences entre embarcations.
La restauration exige une réflexion sur l’authenticité. Le charpentier ne remplace pas systématiquement toutes les pièces usées : il examine ce qui peut être consolidé, documente les interventions et essaie de respecter les techniques anciennes. Le choix des essences et la manière d’assembler le bois conditionnent la stabilité de l’ensemble.
Les bateaux Alexandre, Noa et Brutus donnent des exemples concrets de ce patrimoine. Un nom, une immatriculation, une forme de coque ou une ancienne photographie sont autant d’indices pour retrouver l’histoire d’une embarcation et de celles et ceux qui ont travaillé à son bord.
Le site de Paulilles est lui-même un livre d’histoire industrielle. En associant la visite des barques à celle de la Maison de site et de l’anse, on découvre une transformation exemplaire d’un ancien espace de production en lieu de mémoire, de nature et de transmission. Les visites libres et guidées de l’atelier sont annoncées gratuites par le Département.
Préparer la visite
Horaires et conditions d’accès
| Période et formule | Horaires et conditions |
|---|---|
| Visites libres | Lundi–vendredi, 9 h–17 h, toute l’année hors jours fériés |
| Visites guidées gratuites · mai à octobre | Lundi–vendredi, 11 h 30 et 16 h, environ 45 minutes |
| Samedi et dimanche | Atelier fermé aux visites ordinaires |
| Site paysager de Paulilles | Horaires distincts : selon saison, le site peut fermer vers 18 h ou 19 h |
Les horaires sont documentés pour 2026 ; les ateliers en activité et les rendez-vous guidés peuvent être modifiés. Vérifier la disponibilité auprès du responsable avant le déplacement.
Billetterie et gratuités
Tarifs et réservations
| Prestation | Tarif ou conditions |
|---|---|
| Visite libre de l’atelier | Gratuite |
| Visite guidée de l’atelier | Gratuite |
| Accès au site naturel de Paulilles | Gratuit |
| Stationnement public | Gratuit dans les espaces prévus |
Se repérer
Adresse et carte interactive
Atelier des barques, site classé de l’anse de Paulilles, RD 914, 66660 Port-Vendres
Contact : 04 68 95 23 45 · accueil du site 04 68 95 23 40.
Pour les ateliers artisanaux, l’adresse du lieu d’accueil et les horaires de démonstration doivent être confirmés auprès du gestionnaire.
Calculer mon itinéraire ↗Poursuivre la visite
Autour de Port-Vendres
Port-Vendres · Villes & VillagesFortifications de Port-VendresMusées & Patrimoine du 66Musées & Patrimoine du 66Sources et photographies
www.ledepartement66.fr/dossier/latelier-des-barques/
www.ledepartement66.fr/dossier/le-site-classe-de-lanse-de-paulilles/
Photographies : Jean-Pierre Bazard / Wikimedia Commons : La bette « Alexandre » (1).JPG ; Jean-Pierre Bazard / Wikimedia Commons : La bette « Noa » (1).JPG ; Jean-Pierre Bazard / Wikimedia Commons : La bette « Brutus ».JPG. Images hébergées dans la médiathèque 66 & Vous ; les vues de contexte sont identifiées comme telles et ne sont pas présentées comme des photographies d’ateliers.
Vérification documentaire : octobre 2026.
