Musées & Patrimoine du 66 · Lieux de mémoire, internement & exils

Vestiges de l’ancien camp · JosepBC / Wikimedia Commons ; crédit et licence en bas de page.
Dans la plaine au nord de Perpignan, d’anciens baraquements se dressent au milieu de la garrigue. Ils sont les témoins d’une histoire lourde du XXe siècle : le camp Joffre, dit camp de Rivesaltes, a été successivement utilisé pour interner des républicains espagnols, des Juifs étrangers et des Tsiganes, pour détenir des prisonniers de guerre, puis pour héberger des harkis et leurs familles dans des conditions difficiles. Au milieu de ce paysage, le Mémorial raconte ces trajectoires et interroge les décisions qui ont mené à ces formes d’enfermement.
Inauguré en octobre 2015, le bâtiment imaginé par Rudy Ricciotti, en association avec Passelac & Roques, est installé au cœur des vestiges. Ses galeries d’exposition, ses archives et son parcours extérieur donnent une place essentielle aux témoignages. La visite associe l’histoire des lieux, celle des personnes et les questions contemporaines sur l’exil, les frontières et l’exclusion.
Attention à l’adresse : le Mémorial est appelé « de Rivesaltes », mais son adresse postale officielle est avenue Christian Bourquin, 66600 Salses-le-Château. Pour le GPS, le site préconise avenue Clément Ader à Rivesaltes. Il ne faut pas confondre ces deux indications.
Comprendre les lieux
Le Mémorial en quelques mots
- Nom historique
- Camp Joffre, dit camp de Rivesaltes
- Adresse administrative
- Salses-le-Château · 66600
- Ouverture du Mémorial
- 2015
- Architecte
- Rudy Ricciotti avec Passelac & Roques
- Billet adulte
- 9,50 €
- Temps de visite
- Environ 2 h
Comprendre des périodes historiques distinctes
Un camp militaire devenu lieu d’internement et de transit
Le camp Joffre est initialement conçu comme une installation militaire à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Son immense terrain de garrigue se prête aux exercices et à l’accueil de troupes. La guerre d’Espagne puis la Seconde Guerre mondiale transforment les usages du lieu.
À partir du 14 janvier 1941, les autorités françaises utilisent une partie du camp pour l’internement administratif. Parmi les personnes enfermées se trouvent de nombreux républicains espagnols ayant fui la victoire franquiste, des Juifs étrangers et des Tsiganes français. Les conditions de vie sont extrêmement éprouvantes, marquées notamment par les problèmes de ravitaillement, le froid, les maladies et les séparations.
En 1942, le régime de Vichy fait de Rivesaltes un lieu de regroupement de Juifs étrangers avant leur transfert vers Drancy et la déportation vers Auschwitz-Birkenau. Le Mémorial documente neuf convois entre août et novembre 1942, qui conduisent au transfert de 2 289 hommes, femmes et enfants. Ces chiffres correspondent à des travaux historiques précis et ne doivent pas être confondus avec l’ensemble des populations passées dans le camp.
Après la Libération, le camp sert notamment à détenir des prisonniers de guerre allemands et connaît d’autres affectations. À partir de 1962, au lendemain de la guerre d’Algérie, des harkis et leurs familles y sont installés, souvent dans des conditions très précaires, dans le contexte douloureux de la décolonisation.
Ces expériences ne doivent pas être assimilées mécaniquement : elles ont lieu à des dates différentes et dans des contextes politiques distincts. Mais l’histoire du même lieu révèle les conséquences humaines des guerres, des déplacements forcés et des politiques de contrôle des populations.
Les étapes historiques
Chronologie de l’ancien camp et du Mémorial
1939 : aménagement du camp Joffre, à vocation militaire.
1941 : ouverture du centre d’hébergement et d’internement.
1942 : regroupement et déportation de Juifs étrangers via Drancy.
1945–1948 : centre de détention et de prisonniers de guerre.
1962–1964 : accueil de harkis et de leurs familles.
2015 : inauguration du Mémorial du Camp de Rivesaltes.
Un bâtiment de béton entre les traces du passé
L’architecture de Rudy Ricciotti et les baraquements

Vestiges du camp de Rivesaltes · JosepBC, Wikimedia Commons.
Le Mémorial est construit sur l’ancien îlot F du camp, dans l’espace qui faisait office de place d’armes. Le long bâtiment de béton s’inscrit bas dans le sol, comme pour ne pas masquer les baraquements ruinés qui l’entourent. Ce choix architectural crée une expérience sobre, loin d’une reconstitution spectaculaire.
Des baraquements conservés
Les murs et bâtiments ruinés rappellent les conditions concrètes de vie dans le camp et l’organisation de l’internement. Ils doivent être observés sans pénétrer dans les zones fragilisées et interdites.
Un bâtiment contemporain discret
Le long volume de béton de Rudy Ricciotti occupe l’ancienne place d’armes. Il dialogue avec les traces anciennes et accueille les expositions, ressources et salles de projection.
Archives et témoignages
Photographies, films, documents administratifs et récits de personnes internées permettent de rendre leur place aux vies individuelles derrière les catégories imposées par les autorités.
Un espace de recherche et d’éducation
La programmation scientifique, les activités scolaires et les expositions temporaires prolongent le travail de mémoire au-delà du seul récit historique.
Visiter avec attention
Parcours extérieur et exposition permanente
La visite libre comprend le cheminement extérieur au milieu des vestiges et les expositions situées dans le bâtiment. Le visioguide « Les voix du Mémorial » est inclus dans le tarif d’entrée. Le site recommande une durée d’environ deux heures pour ne pas précipiter l’écoute et la lecture des documents.
Les espaces présentent des violences, des discriminations et des expériences d’enfermement. Si vous venez avec de jeunes visiteurs, il peut être utile de préparer la découverte avec les ressources pédagogiques et, pour les groupes scolaires, de contacter l’équipe du Mémorial.
Les visites accompagnées des groupes se font sur réservation et suivent leurs propres modalités. Le Mémorial signale des délais importants pour l’organisation, notamment pour certains groupes constitués : ne présumez pas qu’une visite guidée est disponible sans réservation.
Respect du lieu : ce site accueille des familles de témoins, des descendants et des personnes venues se recueillir. Respectez les parcours, les vestiges, les consignes photographiques et le caractère mémoriel du monument. Il ne s’agit pas d’un lieu de promenade dans des ruines abandonnées.
Informations officielles 2026
Horaires d’ouverture du Mémorial
| Période | Ouverture |
|---|---|
| 1er avril au 31 octobre | Tous les jours, de 10 h à 18 h |
| 1er novembre au 31 mars | Du dimanche au vendredi, de 10 h à 18 h |
| Fermetures exceptionnelles annuelles | 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre |
| Dernière entrée | 16 h 45 |
Comptez au moins 1 h 30 et idéalement environ 2 h. Les événements du programme culturel peuvent bénéficier d’horaires particuliers.
Billetterie et gratuités
Tarifs 2026
Le tarif réduit concerne notamment les étudiants, demandeurs d’emploi, groupes de dix personnes ou plus et détenteurs de certains pass, selon justificatif. Le Mémorial annonce également la gratuité pour certaines catégories, dont les personnes en situation de handicap et les bénéficiaires des minima sociaux.
Les formules de médiation pour les groupes constitués sont différentes : contacter directement le service pour préparer une visite avec accompagnement.
Ne pas se tromper de destination
Accès au Mémorial et carte interactive
Entre Salses-le-Château et Rivesaltes
Adresse postale : avenue Christian Bourquin · 66600 Salses-le-Château.
Pour les GPS : avenue Clément Ader · 66600 Rivesaltes. La distinction est indiquée sur le site du Mémorial.
Parking surveillé de 135 places, dont des places adaptées, pour camping-cars et autocars. Accès possible en bus 503 depuis Perpignan avec arrêt Mémorial.
Calculer mon itinéraire ↗Accessibilité : l’ensemble du site est annoncé accessible aux personnes à mobilité réduite. Les chiens tenus en laisse sont autorisés à l’extérieur, mais pas dans le bâtiment.
Renseignements et réservations
Contacter le Mémorial
Tél. 04 68 08 39 70
Prolonger les recherches
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Sources historiques, tarifs et photographies
Recherche et rédaction originale 66 & Vous · Vérifications le 10 octobre 2026. La programmation et les prix peuvent être modifiés par le Mémorial.
- Histoire officielle du camp de Rivesaltes
- Présentation du bâtiment et du parcours
- Horaires, accès, stationnement et accessibilité
- Tarifs et visites accompagnées
- Ministère des Armées : architecture et histoire
Photographies : JosepBC, photographies des vestiges du Camp de Rivesaltes, Wikimedia Commons, crédits selon les notices des fichiers ; image principale déjà hébergée dans la médiathèque de 66 & Vous.
